Dans cet épisode dédié à des créations sonores féministes, Florence et Sara partagent une sélection personnelle de podcasts qui les ont marquées. Qu’il s’agisse d’interviews, de documentaires ou de récits fictionnels, elles reviennent sur des formats et histoires passionnant·es.
Au programme : des enquêtes sur les violences sexistes et sexuelles, des séries qui redonnent leur juste place aux femmes dans l’Histoire, des podcasts vieux ou récents, qui explorent les discriminations, qu’elles soient sociales, médicales ou professionnelles… mais aussi des fictions où l’on croise des pirates ou des espionnes 🙂
Une sélection variée, allant de l’épisode unique à la série complète, des productions plus ou moins récentes, produites aussi bien par des studios indépendants que par des maisons plus établies. À écouter pour découvrir de nouvelles voix, des angles inédits, et des témoignages qui font bouger les lignes.
L’épisode est disponible sur Apple Podcasts, Deezer, Spotify, Podcast Addict, ou Acast. Vous pouvez également le trouver sur Podcast France et Amazon Music. Pensez à le noter ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ sur Apple ou Spotify pour aider sa diffusion.
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Retrouvez le transcript juste en-dessous des références.
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Les podcasts cités
20 000 lieues sous ma chair (Caroline Pothier)
Amphi 25 : parlons discriminations (Jane)
Des hommes violents (Mathieu Palain)
Du genre dans l’histoire (Association Mnémosyne)
Encore heureux (Camille Teste), avec notamment les épisodes :
- « Face à la montée du fascisme, faut-il céder au désespoir ? »
- « Peut-on aller bien dans un monde raciste ? »
- « Faut-il faire disparaître le genre ? »
Je ne suis pas raciste mais (Donia Ismail), avec, entre autres :
- Pourquoi dit-on que le racisme anti-Blancs n’existe pas
- Le Rassemblement national est-il un parti raciste ?
- Voleurs, violents: d’où viennent les stéréotypes racistes sur les Algériens de France ?
- C’est quoi exactement le problème avec Aya Nakamura ?
Kiffe Ta Race (Grace Ly et Rokhaya Diallo)
La dernière nuit d’Anne Bonny (Claire Richard)
La Poudre (Lauren Bastide)
Le Coeur sur la table et Les Couilles sur la table (Victoire Tuaillon)
Les Pieds sur terre (Sonia Kronlund)
Les Résistantes (Philippe Collin)
On peut plus rien dire (Judith Duportail), avec notamment :
- « Comment faire famille autrement » avec Gabrielle Richard
Pas convaincue (Isabelle Châtaignier)
Projet Orloff (Tanguy Blum, Christian Brugerolle et Antoine Piombino)
Un podcast à soi (Charlotte Bienaimé), et surtout :
- « Comment élever les garçons »
- « Nous sommes intersexes »
- « Inventer une thérapie féministe »
- « Paysannes en lutte »
- « À nos joies féministes »
- « Inceste et pédocriminalité : la loi du silence »
Vénus s’épilait-elle la chatte ? (Julie Beauzac), et en particulier :
Voir aussi : 12 podcasts pour déconstruire les stéréotypes
Transcript de l’épisode :
[musique de générique d’intro]
Sara : La Place des Grenouilles, c’est une association ET un podcast qui proposent des espaces de discussion et de réflexion pour déconstruire, ensemble, les normes de genre.
Florence : Au fil des épisodes, on vous propose :
- de revenir sur des oeuvres et événements qui nous ont plu,
- de découvrir des métiers à priori genrés,
- ou encore d’approfondir des sujets de société grâce à des expertEs de différents domaines”
Sara : Nous sommes Florence et Sara,
Florence : bienvenue sur La Place des Grenouilles”
[fin de la musique de générique d’intro]
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Florence
Du coup, je commence. C’est une spéciale podcast. Un de mes podcasts préférés, c’est La Poudre de Lauren Bastide, qui interview des personnalités. Personnalités pas forcément du show business, même s’il y a Camélia Jordana, par exemple. Mais il y a aussi des journalistes comme Victoire Tuaillon, la créatrice d’un autre podcast super, Les Couilles sur la Table.
Sara
Et le Cœur sur la Table.
Florence
Et le Cœur sur la Table, merci. Mais aussi Virginie Despentes, Sandrine Rousseau. C’est vraiment des personnes très variées. Et du coup, moi j’adore ce podcast.
Sara
Pourquoi tu l’adores ?
Florence
Ça permet de connaître les histoires de chacun, chacune. et d’entendre leur parcours. Déjà, on n’entend pas forcément les voix des gens d’habitude. Moi, le média voix, son, c’est quelque chose qui me touche pas mal. Et c’est aussi assez long comme épisode. On va sur du une heure. Et du coup, ça donne le temps de creuser, découvrir des choses.
Et c’est vraiment un des podcasts qui m’a énormément aidée quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet de féminisme. Ça a rendu les gens assez accessibles à mon niveau.
Sara
Oui, c’est intéressant. Si je demandais à Florence pourquoi tu aimais ce podcast, c’est parce que je sais que c’est une référence, c’est vraiment un incontournable des podcasts féministes. J’ai beaucoup de respect pour Lauren Bastide, pour son travail, beaucoup de respect aussi pour la plupart de ses invités. Et pour autant, perso, moi, je n’ai jamais réussi à accrocher. Je ne sais pas trop expliquer pourquoi, parce que je pense qu’il y a une grande qualité. Mais voilà, ce n’est pas le truc qui m’a le plus « hooked ».
Florence
T’as écouté beaucoup d’épisodes ?
Sara
J’ai dû tenter deux peut-être. En général, quand j’aime, j’accroche très vite. J’en entends un et ça me donne envie d’écouter d’autres. Mais là, j’ai jamais trop réussi.
Florence
Je crois qu’il y a énormément de saisons sur ce podcast. De façon générale, je conseille d’écouter le troisième épisode et un des derniers pour voir l’écart.
Sara
Tu m’as convaincue, je vais retenter cet été.
Florence
Tu me diras.
Sara
Dans un genre un peu similaire, dans le sens où c’est aussi des interviews de personnes, alors c’est pas forcément des personnalités, mais en tout cas des personnes qui sont légitimes, qui sont expertes sur un sujet, mais pour le coup plutôt interviews croisées. C’est Encore Heureux, lancé par Camille Teste, donc c’est animé par Camille Teste.
C’est chez Binge Audio et j’aime beaucoup. Il me semble que c’est toujours des formats qui sont enregistrés en présence de public. C’est comme si c’était une table ronde enregistrée. Et à la fin, on a droit aussi aux questions du public. C’est des épisodes qui durent à peu près 50 minutes.
C’est hyper large les thématiques. Il y en a un, c’est « Faut-il faire disparaître le genre ? », que j’avais beaucoup aimé. Un autre que je vous conseille, qui est « Face à la montée du fascisme, faut-il céder au désespoir ? ». Ça va sur des questions un peu morales, éthiques, philosophiques, etc. Mais il y a aussi souvent des choses pratico-pratiques très actionnables. Un autre épisode qui m’avait beaucoup plu, c’est « Peut-on aller bien dans un monde raciste ? » Mais bon voilà, il y a des épisodes sur le validisme, sur la santé mentale, beaucoup.
C’est censé être autour de la santé mentale, mais pour moi ça dépasse largement cette thématique-là. Voilà, j’aime beaucoup. Il me semble qu’il y a deux invités, peut-être parfois trois, je ne sais plus. En tout cas voilà, des interviews croisées, tables-rondes quoi, et je trouve que c’est très très bien fait.
Florence
Au début quand je l’ai vu, c’est à la Gaîté Lyrique qu’elle les enregistre en live. Du coup j’ai assisté à un des enregistrements tout au début. Et je crois qu’il y a une personne experte et une personne qui connaît le sujet mais qui est moins sur le côté… Et c’est vrai que moi, la thématique qu’elle avait posée, santé mentale, c’est intéressant, mais je te rejoins clairement, c’est beaucoup plus large que la santé mentale. Ça concerne les gens, en fait. Et du coup, je conseille de ne pas s’arrêter au titre et vraiment d’aller plus loin.
Sara
Oui, en effet. C’est un podcast, comme pratiquement tous je pense, éminemment politique et vraiment qui ne s’arrête pas à l’individu. C’est surtout pas du tout du def’ perso. On est vraiment sur des questions sociétales et comment on aborde des problèmes systémiques et comment ensemble on s’entraide. Donc, très très cool. Quel autre podcast on peut recommander ?
Florence
Chez Binge Audio, il y a On ne peut plus rien dire de Judith Duportail, là aussi qui brasse pas mal de sujets sociétaux. Comme tu l’as évoqué pour Encore heureux, ça va toucher d’autres intersections sur le validisme ou les jeunes, vraiment très très large. Moi, il y a un épisode qui m’a particulièrement plu, c’est le 214, le 14e épisode de la saison 2. Comment faire famille autrement, avec Gabrielle Richard, qui a écrit un livre du même nom. Et dans la même veine, un autre podcast qui s’appelle Un podcast à soi, de Charlotte Bienaimé. Donc lui, pour le coup, c’est mon préféré. C’est celui où quand j’écoutais et que ça se terminait, je me disais, mince, il y en a déjà plus.
Et quand est-ce que le prochain ressort ? C’est vraiment le seul que j’ai écouté comme une série, en attendant.
Sara
C’est lesquels que tu retiens spontanément, que t’as le plus apprécié ?
Florence
Dans la même veine, il y a “ Comment élever les garçons ”. Il y a une thématique famille chez moi.
Sara
Toujours avec Gabrielle Richard ?
Florence
Exactement, mais c’était très concret. J’ai particulièrement aimé cet épisode parce que ça dépassait le côté théorique. ou le ne pas faire ça, ou si. Et vraiment le qu’est-ce qui peut aider, c’était très constructif et positif. Pas positif bullshit, mais positif concret. Il y a “Nous sommes intersexes”, que tu as beaucoup aimé.
Sara
Oui, j’ai adoré celui-là. C’est un épisode qu’il faut faire écouter absolument. C’est une utilité publique, c’est indispensable.
Florence
Moi j’ai appris plein plein de choses et je le ressors en conversation courante à des moments assez inattendus.
Sara
Ce que j’aime beaucoup de cet épisode, bon c’est pas le seul, mais notamment celui-là, j’aimerais bien pointer qu’on interview des parents de personnes concernées qui rétrospectivement se disent qu’ils et elles ont fait potentiellement des erreurs, qu’il y a des choses qu’il ou elle referait différemment. On entend bien évidemment des personnes directement concernées. Ça parle de la société, de comment le corps médical est hyper violent. Celui-là, j’ai vraiment adoré.
Florence
Qu’est-ce qui t’a autant plu dans cet épisode ?
Sara
Je pense que c’est le fait que justement je disais tout à l’heure par rapport à Encore Heureux que c’était pas sur des questions individuelles. Je pense que la thérapie peut beaucoup ramener l’individu à sa propre responsabilité et unique responsabilité dans son bien-être. Et je pense que ça c’est un leurre et que beaucoup de psys sont absolument nazes en socio et du coup vont rajouter des oppressions supplémentaires sur des personnes qui subissent déjà des oppressions et qui en souffrent justement. Et donc c’est pas facile de trouver des psy safe qui soient au courant des effets du patriarcat, du racisme, du validisme, etc. Et qui prennent ces considérations-là en compte dans leur approche thérapeutique. Et donc c’est justement pour moi, en tout cas de ce que j’en ai retenu, c’est de ça qu’on parle ici. A quoi ça ressemble une thérapie féministe ?
C’est quoi une thérapie en fait safe pour nous ? Je sais pas pourquoi toi, toi t’en avais retenu.
Florence
Moi c’est un peu ça, ça me parlait pas mal de me dire à quel point aujourd’hui on peut être psychologue, psychiatre ou même prof dans plein d’autres corps de métier ça s’applique. En se disant on est à l’écoute des autres, on essaie d’avancer, de les aider à être plus libres sans avoir de connaissances féministes et conscience des problèmes systémiques qu’il y a et des relations de pouvoir. Et dans tout, même dans l’écologie, dans la politique, dans tous les sujets aujourd’hui, je me dis que c’est vraiment un très gros angle mort de ne pas s’intéresser à ces sujets. Et les dégâts sont d’autant plus grands quand on a un argument d’autorité par rapport à quelqu’un qui est vulnérable, qu’on va écouter en tant qu’on va l’avoir parce qu’on a un problème à résoudre. Donc oui, il n’y a pas de label encore. Ça pourrait. Ce sera une bonne façon de rendre ça très capitaliste.
Sara
Oui, c’est la dérive possible.
Florence
Carrément. Un autre épisode qui m’a étrangement beaucoup parlé, toujours dans Un podcast à soi, c’est “Paysannes en lutte”. Du coup c’est étrange que ça me parle parce que moi je suis née à Paris, j’ai grandi à Paris, je suis une pure citadine.
J’ai vu une vache à 25 ans. (rires) J’exagère mais à peine. Du coup c’est pas un milieu que je côtoie fréquemment, on va dire. Et du coup, ce qui m’a marquée dedans, déjà, c’est de me rendre compte qu’effectivement, on imagine plutôt des hommes, comme dans plein de domaines. Mais c’était aussi… Je ne sais pas si je le dis du coup ou si je spoil. C’est le côté…
Sara
Bouchez-vous les oreilles pendant cinq secondes si vous ne voulez pas entendre !
Florence
Ce n’était pas la conclusion de l’épisode non plus. Mais c’est que la personne qui est paysanne, enfin, les paysannes qui étaient là, déjà galèrent et aussi essayent de travailler dans des milieux, comment dire, C’est un peu galvaudé maintenant, mais bienveillant ou avec le souci des animaux, de la nature et tout ça. Et un des témoignages disait que c’est pas parce qu’on travaillait dans une petite ferme, qu’on peut imaginer un peu plus entre guillemets humaine, qu’une très grande, que ces considérations seront plus ancrées, voire au contraire. et qu’il n’y avait vraiment aucune logique dans tout cet aspect. Ce n’est pas un type d’organisation qui fait que telle problématique plus sociétale sera prise en compte. Ça m’a fait écho dans plein d’autres sujets, cet épisode-là.
Sara
Quand tu parles de ce sujet des paysannes, alors moi je ne crois pas avoir entendu écouter cet épisode-là dans la série Un podcast à soi. Néanmoins, ça me rappelle beaucoup un épisode côté Couilles sur la table, il me semble, sur le même sujet. Donc c’est ça, peut-être que je confonds, mais c’est ça que ça me rappelle. Pour le coup, j’avais bien aimé. C’était une façon différente d’aborder l’exploitation agricole, puisque pour le coup, moi, l’image que j’ai des paysannes, c’est une femme qui est souvent en couple hétéro sur l’exploitation de son mari, qui abat un boulot monstre, qui en plus, parfois, doit gérer le foyer, les enfants, tout ça, machin, et qui n’est pas reconnue, et qui, en cas de séparation, divorce, veuvage ou quoi, ou caisse, c’est très, très compliqué, parce que justement, comme c’est entre guillemets, sur le papier en tout cas, vraiment sur le papier, c’est des assistantes de leur mari, en gros elles sont à voir par le système. C’est ça que j’avais en tête et donc je trouve ça très très cool de monter des exploitations où on fait plus attention à ce statut là, où les femmes peuvent plus se protéger et voir différemment leurs conditions de travail. Mais du coup ça me donne envie de Je l’écouterai aussi cet été.
Florence
Y’a plein de documentaires. Même celles qui pensent être indépendantes dans le couple, elles vont jamais toucher à la réparation du tracteur. On peut penser que la répartition du travail est là. On reproduit des clichés.
Sara
Un autre épisode d’Un podcast à soi de Charlotte Bienaimé, encore une fois, cœur sur elle, on l’adore, c’est « À nos joies féministes ». Cet épisode-là, il m’a vraiment reboostée. Je me souviens qu’il y a une personne qui est dans l’assaut, une membre de l’assaut, qui aussi avait commenté cette joie dans le Slack, notre espace de discussion en ligne, qui avait dit que ça l’avait vraiment, pour le coup, mise en joie. à nos joies féministes. Vraiment, écoutez-le, ça reboost, ça fait hyper plaisir. C’est joyeux, c’est lumineux, c’est solaire. C’est un super épisode pour les jours où ça va pas trop bien.
Florence
C’est vrai que c’est un angle qu’on entend peu, féministe. On va souvent mettre rabat-joie, ou en tout cas triste, ou en colère, même s’il y a de quoi. Donc ça fait presque un oxymore.
Sara
Et nos joies sont politiques aussi, il faut se les accorder pour se rebooster, pour être en forme, pour la colère et la lutte et le côté rabat-joie aussi. Et pour le coup là, vraiment un truc qui peut sembler rabat-joie parce que c’est vachement moins fun, c’est un épisode sur l’inceste et les violences sexuel commis sur les enfants, c’est inceste et pédocriminalité, la loi du silence. Je crois que j’ai fini en larmes après avoir entendu cet épisode qui est bouleversant. Bouleversant mais nécessaire, on rappelle que une ou un Français·e sur 10 est victime d’inceste. Donc voilà, sujet très important.
Florence
J’avoue, moi j’ai toujours du mal. Enfin, je vais pas juste cliquer sur le prochain épisode quand il y a écrit inceste. Du coup, je n’ai pas écouté celui-ci, pour le coup. Mais je ferai à un moment. Petit à petit, j’ouvre des portes.
Sara
Mais effectivement, c’est… Ouais, il faut prendre son temps aussi. Il faut se préserver, mais… Ouais, carrément.
Florence
Dans un tout autre registre, donc l’art, il y a le podcast “Vénus s’épilait-elle la chatte” de Julie Beauzac.
Sara
Oui !
Florence
Alors, il y a beaucoup moins d’épisodes que sur les précédents qu’on a évoqués. Donc un épisode sur Picasso. À quel point…
Sara
Indispensable.
Florence
À quel point c’est un gros ___
Sara
Celui-là, il faut l’écouter, le faire écouter à tous vos proches et c’est ce qui vous fera vouloir le cancel ou bien à chaque fois que vous entendrez son nom, au moins juste rappelez que c’était un homme très très dangereux.
Florence
Il est vraiment bien parce qu’on sait de certaines personnes dans l’histoire, comme Jean-Jacques Rousseau, que c’était des gens on va dire pas recommandables ou vraiment pas au fait du féminisme. Souvent on va mettre ça sur l’époque. Mais cet épisode est assez bien fourni et sourcé pour qu’il n’y ait rien pour le sauver. Ça arme d’avoir ces connaissances-là pour pouvoir se positionner.
Sara
Et oui, là, ce n’est pas qu’il avait des ongles morts, c’est que c’était un pervers narcissique ultra violent. Je ne veux pas vous spoiler, mais il y a eu plusieurs morts dans son entourage. C’est allé très, très loin. Il pratiquait vraiment la torture de ses proches. Il a usé, abusé de ses amantes, de sa famille.
C’était juste horrible. Écoutez-le et faites-le savoir. C’est important parce qu’il est tellement célébré que c’est indécent. Et maintenant, je ne remets plus les pieds au Musée Picasso.
Florence
Même à Beaubourg je trouve qu’il est beaucoup trop mis en avant Picasso dans la boutique. Un autre épisode qui m’a plu, c’est représenter les noirs, le regard blanc. Quand on voit une peinture ou de l’art, c’est souvent le regard des hommes valorisé et rendu concret. Mais un angle qu’on entend moins, c’est sur les personnes noires. Comment les personnes blanches les voient et sont-elles représentées ? Ces épisodes sont toujours super sourcés et fouillés, c’est passionnant.
Sara
C’est pour ça qu’elle fait aussi peu d’épisodes, je crois que ce n’est pas son travail principal, la production de contenu sonore. Julie Beauzac fouille énormément, il y a un énorme travail d’histoire de l’art, d’histoire tout court, de sociaux, etc. pour préparer un seul épisode. Elle y met vraiment tout son cœur. On reste un peu sur notre faim parce que les épisodes sont tellement géniaux qu’on a envie d’en consommer plus. Mais pour le coup, il n’y en a pas beaucoup. Vous pourrez vite faire le tour et la facilité, c’est qu’il y aura moins à choisir.
Donc déjà, commencez par Picasso et représentez les Noirs le regard blanc. Ça vous donne déjà un bon aperçu de ce qu’elle peut proposer.
Florence
C’est des documentaires en fait, parce qu’il me semble qu’elle est toute seule.
Sara
Oui, elle est seule. Le travail, même au-delà de la recherche, la préparation, tout ça, même l’édition est très bien faite. On entend beaucoup sa voix, c’est son récit, c’est très très bien fait.
Florence
Dans un registre plus corporate, on va dire, mais pas seulement, le podcast d’Isabelle Châtaignier, qui s’appelle “Pas convaincue”. Ça va être plus sur les outils et les interviews pour aider les femmes à mieux se faire entendre et à convaincre les gens. On peut penser que c’est des cours de français. Mais ça dépasse ça. Il y a des interviews de personnalités. Il y a aussi pas mal de use case. de cas pratiques, par exemple sur tel discours de telle femme politique par rapport à tel homme politique ou entre femmes politiques.
Ça donne des outils aussi pour pouvoir répondre, avoir la répartie. Donc, il est très clé en main, on va dire. Il y a un épisode qui par exemple, qui parlait des doubles standards. Je pense que ça parle à beaucoup de personnes, mais moi personnellement, je m’en suis rendue compte assez tard qu’il y avait un double standard. Quand je n’arrivais pas à me faire entendre au travail, je continuais de chercher des solutions. Peut-être qu’il faut tourner la phrase autrement, prendre un rendez-vous, faire des dessins ou venir déguiser. “Pas convaincue” permet de remettre sur la table les stéréotypes, les préjugés qui font que les stratégies normales qui sont enseignées à l’école, quand c’est une femme, ça marche pas autant.
Sur ça, j’ai bien aimé ce podcast.
Sara
Tu dirais que celui-ci, c’est des tips, des conseils, des leviers pour aller mieux dans le travail ? Ou ça peut aussi servir par ailleurs ?
Florence
Ça peut aussi servir par ailleurs. Je donne quelques titres, mais le reproche qui fait taire les femmes, on a beau le savoir, quand quelqu’un nous dit qu’on n’a pas sa langue dans sa poche… J’étais tellement surprise.
Mais ça m’a arrêtée. A un homme, on dit jamais ça, parce qu’il parle. Le fait que ces situations soient posées, et qu’il y ait aussi des invités, ça permet de mieux se prémunir de ça et d’être plus prête. Et les invités sont aussi très bien.
Sara
Ah d’accord, c’est avec des invité·es aussi, ok.
Florence
Il y a les deux.
Sara
Ok. Bah écoute, je suis convaincue par “Pas convaincue”, j’essaierai aussi d’écouter.
Je tenais absolument à parler d’une collection, d’une série, d’un podcast absolument incroyable, côté France Inter cette fois-ci, qui s’appelle “Les Résistantes”. Donc ça c’est un gros morceau, il y a dix épisodes d’environ une heure. Il y a pas mal d’écoutes. Je l’ai bingé. Ce n’est pas à Noël dernier, c’était celui d’avant, pendant la période un peu morne, quand il fait gris et froid, etc.
Un podcast de Philippe Collin. C’est très bien fait. Il a travaillé avec des historiennes, des historiens. pour retracer la vie, le parcours et l’oeuvre de cinq résistantes françaises. On a au moins entendu parler de Lucie Aubrac, peut-être aussi de Geneviève de Gaulle, mais il y a aussi trois portraits de personnes un petit peu moins connues. C’est hyper intéressant parce que sur chaque épisode, on a une partie de l’histoire avec un grand H.
On nous rappelle les faits historiques, et après on raccroche les moments, les vies de chacune des cinq héroïnes. dont on parle. Donc il y en a une, elle avait peut-être 16 ans à cette époque-là, ou une autre, elle en avait peut-être 4. Mais à chaque fois, on les resitue dans ce moment historique. Et on voit des points communs, on voit beaucoup de femmes qui sont dans un esprit d’insoumission très fort, une quête de liberté, de se dépasser, de dépasser ce rôle, un peu ces carcans dans lesquels on veut les enfermer de ménagères, quoi, souvent. Il y a des personnages qui sont issus de la grande bourgeoisie, d’autres qui sont d’un milieu ouvrier très très modeste. Je trouve ça hyper bien foutu.
Vraiment, je les ai écoutés ces épisodes parce que j’avais besoin de savoir quelle était la suite. Comment chacune allait évoluer par rapport à l’invasion de la Pologne, déclaration de la guerre, de Gaulle qui fait son discours le 18 juin, etc. Et donc il y a des trajectoires qui s’entremêlent et se répondent. Et ce que j’aime beaucoup aussi, c’est comme je disais, ce parallèle entre l’histoire avec un grand H et les histoires de ces cinq individus, qui pour autant ne sont pas si individuelles que ça, dans le sens où elles sont quand même représentatives de ce que les femmes, à cette époque-là, pouvaient faire. Parce qu’elles ont eu un rôle hyper important dans la résistance française, c’est elles qui ont lancé en réalité, les mouvements de résistance, les premières, celles qui ne se sont pas posées la question, qui, sans grand discours philosophique, ou quoi, juste ont mis les mains dans le cambouis et se sont lancées dans la résistance, ça pouvait être en donnant à manger ou en planquant une personne qui lui demandait asile chez elle, ça peut être en descendant dans la rue pour se plaindre du fait qu’il n’y avait pas à quoi manger pour leurs gamins. Elles ont été très vite assez érigées contre ce qui se passait, notamment Pétain, etc. Je vous conseille d’écouter les 5 premières minutes du premier épisode.
En gros, ça vous fait un très bon teasing et ça vous donnera un aperçu de si vous avez envie d’écouter toute la suite. Moi, j’ai vraiment été totalement fan, donc go !
Tu l’as écouté ou pas ?
Florence
Ah bah oui, carrément ! Et on a l’impression de les connaître. Ça fait un peu livre choral, non ? Il y a plein de voix, il y a un moment où j’ai l’impression qu’elles se rencontrent presque.
Sara
Oui, donc il y a les historiennes et il y a aussi des comédiennes qui lisent des passages de citations d’un personnage ou de l’autre. Je sais qu’il y a Laure Calamia entre autres, qui intervient aussi pour lire des passages.
Florence
Je ne savais pas que c’était elle. Donc très bien. En tout cas, on est plongé dans leur vie et j’ai aussi l’impression de vivre des moments d’histoire, ce que je ne ressens pas tant que ça en podcast. Donc c’est très bien fait. en mode moins scénarisé, on va dire. Il y a aussi le podcast Du Genre dans l’Histoire de l’association Mnémosyne. Et du coup, moi, j’aime beaucoup cette série-là.
Ça fait plusieurs années qu’elle existe et je l’ai découverte parce que je cherchais des approches où, dans les livres d’histoire, on avait un peu l’angle des femmes. Enfin, pas un peu, on avait l’angle des femmes autant. Mais comme l’histoire est racontée par des hommes, c’était difficile à trouver. Et du coup, l’association fait ce travail. Pendant la guerre, mais pas que.
Sara
Et c’est quoi le découpage, les thématiques par épisode qu’on peut retrouver ? Est-ce que tu as un souvenir ?
Florence
Par exemple là, sur les derniers, il y a la décolonisation, un autre c’est sur l’esclavage, un autre sur le sport, les migrations, la masculinité sous le nazisme. Il y a une interview avec Eliane Viennot sur la querelle des femmes. les conflits au XXe siècle. C’est vraiment… Les femmes en armes, les femmes artistes, les lois veilles, évidemment.
Sara
Génial. Ça me fait penser à l’épisode 10 de notre podcast, quand tu avais reçu Evelyne Mourin-Rautureau dans “Passeuse d’Histoire”. C’est vrai que c’est un épisode assez chouette à écouter.
Florence
Carrément. Ça parle aussi de la préhistoire, ce que je n’ai pas vu énormément. Celui qui m’avait amené vers ce podcast, c’était le genre dans les manuels scolaires. Il y a des statistiques sur à quel point c’est genré homme. Déjà sur la représentation graphique, mais aussi sur les personnages historiques, qu’est-ce qu’on rend important.
Sara
À ce sujet, allez voir le projet Les Sans Pages. Wikipédia est trop masculin aussi, et donc il y a une association qui fait en sorte de remédier à ça, pour avoir plus de présence de personnages historiques. Pas que historiques d’ailleurs, mais en grosse partie historiques, et ça s’appelle Les Sans Pages.
Sans comme S.A.N.S Pardon, j’ai fait la petite coupure pub de cette tasse que j’aime beaucoup, excusez-moi !
Florence
Ouais, elle fait un super travail. Il y avait aussi le manuel open source, je crois qu’il s’appelle le manuel scolaire, quelque chose comme ça. Sur une des saisons, il et elle avaient essayé justement d’avoir la parité sur les références masculines et féminines. Parce qu’aujourd’hui, comme c’est des grandes maisons d’édition qui éditent les livres scolaires, qui appartiennent à Bolloré, voilà, voilà, c’est pas près de s’améliorer. Et du coup, ce podcast, c’est une bonne occasion de corriger un peu notre manque de culture sur cet aspect caché de l’histoire.
Sara
Donc on le recommande aux instituteurs, institutrices et aux profs d’histoire pour élargir les ressources et les références.
Florence
Carrément. Justement, il y avait un des éléments qui était cité, de dire que dans les livres d’histoire, on va faire un petit encart sur les femmes, mais que du coup, elles étaient cornérisées et que c’était complètement contre-productif.
Sara
C’est des muses, des compagnes, des accessoires… Ou Jeanne d’Arc.
Florence
Elle a été récupérée en plus. Mais un quart de page sur les femmes pendant la Deuxième Guerre mondiale, c’est pas ok non plus.
Sara
Non, écoutez Les Résistantes, c’est mieux.
Florence
Dans la phase scolarité, un autre podcast qui s’appelle Amphi 25, qui est animé par Jane, étudiante en stage à la mission Égalité et Diversité de l’université Claude Bernard à Lyon 1. Il est vraiment bien parce qu’on entend des personnes concernées, étudiants et étudiantes, parler de leur quotidienneté. Sur les transidentités, sur de l’islamophobie, le vadidisme, la bisexualité, la lesbophobie, le handicap, le TDAH. Et l’air de rien, les jeunes, on les entend pas tant que ça. Et en plus, c’est très spontané. Donc un petit vent de fraîcheur sur ce podcast. Moi, j’ai beaucoup aimé.
Sara
Tu l’as découvert comment ?
Florence
Je ne sais plus.
Sara
Ok, ça arrive. J’écouterai.
Un truc vachement moins rigolo, on en a déjà parlé tout à l’heure avec un épisode d’Un podcast à soi, un autre épisode autour de l’inceste, c’est dans le Coeur sur la Table, c’est une collection au sein du Coeur sur la Table, ça s’appelle 20 000 lieues sous ma chair, de Caroline Pothier. Un podcast lui aussi je pense absolument nécessaire, vraiment hyper bien fait par une personne directement concernée et journaliste. Donc à double titre, c’est très indiqué qu’elle parle de ça. Donc c’est six épisodes d’environ entre une demi-heure et trois quarts d’heure. En fait, en retrouvant des cassettes audio qu’elle enregistrait étant gamine et qu’elle envoyait à sa copine avant que les vocaux sur WhatsApp existent. Elle avait sa meilleure amie et elle les échangeait. Elle retombe sur ces cassettes-là.
Elle la rappelle après en tant qu’adulte. Elle revient sur ces moments-là. Le moment où c’est arrivé, elle revient sur le moment où elle en parle à sa famille, le moment où elle va porter plainte, le moment où il faut attendre le procès, c’est une éternité. Avant ça aussi, le moment où elle est examinée par des médecins. Et en gros, elle revient sur à la fois ce qu’elle a vécu elle et comment elle l’a vécu, elle le rapporte aussi à des réalités de façon en gros, elle se décentre pour parler globalement de ces phénomènes systémiques. Elle dit ça ressemble à quoi, il y a quoi comme initiative aujourd’hui qui existe pour faire mieux, pour mieux recueillir la parole, pour moins violenter les enfants qui sont déjà hyper traumatisés. Elle parle aussi de comment ses proches ou comment elle sent que ses proches ont vécu la chose, l’impact que ça a sur elle, parce qu’évidemment souvent on tape sur le messager et pas sur l’auteur du crime.
Elle parle aussi du moment du procès, de l’après. Enfin bref, on la suit petit à petit et on entend à quoi ça devrait ressembler quand les choses se passent mieux, quand la parole est mieux recueillie. et quand les auteurs sont mis devant leurs actes, quand ils doivent assumer, qu’ils sont amenés en justice et qu’ils sont condamnés, ce qui est d’ailleurs extrêmement rare. C’est un podcast qui m’a beaucoup touchée.
Florence
Je n’ai pas grand chose à rajouter sur 20 000 lieues sous ma chair. Je pense que le format des cassettes enregistrées était… C’était déchirant d’entendre autant d’innocence parler de choses aussi graves. Et du coup, ça me faisait aussi penser aux livres de…
Ah bah mince, comment ça s’appelle ?
Sara
Vanessa Sprigora ?
Florence
Non, sur l’inceste…
Ah, Triste Tigre !
Sara
Ah oui, Neige Sinno.
Florence
Du coup, c’est une personne directement concernée qui s’exprime et qui parlait du contraste entre la légèreté de l’enfance, où on a ce cliché où quelqu’un qui a été… qui a vécu ça et juste démolit, mais que ça se voit, qu’elle n’a pas le droit d’avoir des moments de joie ou des choses comme ça, de légèreté. Et du coup, il y a des moments comme ça où c’était vraiment écouté, en tout cas.
Sara
Le contraste est d’autant plus poignant parce qu’on oscille entre cette innocence des enfants qui devrait être là, et qui est là par ailleurs, mais aussi la gravité des faits qui sont juste horribles. Très très touchant.
Florence
Il y avait un autre podcast.
Sara
Oui, passons sur un truc plus sympa, plus joyeux. Ça, c’est vraiment de la fiction, pour le coup, totalement fiction, parce que je crois que jusqu’à présent, on parle de documentaires, on parle d’interviews, etc. Là, parfois, on a besoin de joie. On a besoin de se déconnecter un petit peu de la dure réalité. Et du coup, à un moment, je cherchais des créations sonores qui relèvent de la fiction. Et il y en a deux qui m’ont beaucoup plu, une particulièrement qui s’appelle « La dernière nuit d’Anne Bonny ». Je ne sais pas si ça vous parle, Anne Bonny c’était une pirate, et donc c’est une fiction de Claire Richard chez Arte Radio, c’est important de le mentionner.
Donc ça démarre à la Nouvelle Orléans, à la fin du XVIIIe siècle, à l’âge d’or des pirates –et des piratesses j’allais dire, mais je pense que c’est un mot épicène,pirate.
Florence
Tu peux dire piratesse.
Sara
Une piratesse, il n’y en avait pas tant que ça. Encore une fois, c’est de la fiction. Il y a 9 épisodes qui durent à peu près une vingtaine de minutes. Pour moi, ça dépend de la maturité de vos enfants, je me dis qu’à partir de 10-12 ans, c’est carrément écoutable. Après, faites attention parce qu’on parle quand même de de VSS, d’esclavage, de violence conjugale, de prostitution, etc. Mais selon la maturité, je pense qu’on peut écouter ça avec ses enfants et c’est assez cool. Ça mêle histoire et fiction dans le sens où il y a toute l’histoire d’Anne Bonny, mais on comprend aussi, ça donne des faits historiques auxquels on peut se rattacher, quand même plus factuels.
Ce que j’ai adoré, là aussi j’ai bingé et j’avais trop envie de savoir la suite, c’est que c’est assez pittoresque en fait, ça nous fait voyager, à la fois dans l’espace et dans le temps, parce qu’elle est née la gamine en Irlande, et après il y a une grande partie de sa vie qui se déroule dans les Caraïbes, il y a donc la Nouvelle Orléans comme je disais. On vit vraiment des aventures de fou en mode YOLO quoi, avec elle. Je trouve ça assez rafraîchissant, en tout cas moi j’ai pas trop l’habitude. Le montage est super, la musique aussi, les effets sonores, la trame narrative aussi est top. Il y a des comédiens et des comédiennes super. Il y a la mort qui est très présente. La mort est un personnage à part entière.
Donc Anne Bonny va voir et discuter avec la mort. Ça aussi j’ai trouvé ce côté un petit peu fantastique assez bien fait. Et donc voilà, on voit cette grande légende des mères, on suit son parcours, une femme qui a défié vraiment les conventions, qui s’est un peu comportée comme un homme, très indépendante, impertinente, une femme libre. Et pour autant, pas parfaite, une misogynie intériorisée bien là, c’était un peu pick me sur les bords. Dans le premier épisode, on comprend qu’elle est âgée, proche de la mort, et on comprend qu’on va revivre en rétrospective l’histoire de sa vie. Après on revient sur son enfance, la découverte de la mer, la traversée de l’Atlantique, les maladies, etc. Donc les premiers épisodes sont assez initiatiques, à la fois le côté à un enfant qui grandit, mais aussi la découverte de la mer qui est quand même pas rien, surtout à cette époque-là.
Et donc on voit aussi la piraterie sans tabou, il y a des choses très très chouettes qu’on soupçonnait peut-être pas, où on voit des avancées sociales quand même assez cool, mais il y a aussi tous les trucs vachement moins glamour, parce que c’était pas ouf non plus. Et donc ce qui est cool c’est qu’on s’éloigne vachement des rôles nus-nuches des meufs dans Pirates des Caraïbes. C’est pas la meuf avec sa petite robe, qui certes parfois elle est un petit peu maligne ou impertinente, mais bon voilà elle reste cantonnée, il y a des trucs un peu relou. C’est démystifié à la fois la vie des pirates, mais aussi le personnage d’Anne Bonny. Il y a de la politique, des jeux de pouvoir, bref, moi j’étais un fan de… je crois que ça s’entend… de ces podcasts, de ces fictions.
Florence
Je crois que je vais lui donner une deuxième chance, parce que pour le coup…
Sara
Ah oui, t’avais tenté ?
Florence
J’ai tenté deux fois. Et non, je n’ai pas accroché… Je ne suis pas sûre d’avoir écouté le premier épisode jusqu’au bout.
C’est peut-être le milieu marin qui me parle pas…
Je vais réécouter. Je vais lui donner une troisième chance, on va voir. Mais par contre Anne Bonny, je la connaissais de nom. Je ne sais pas si tu sais pourquoi ou comment.
Sara
Non, je ne sais pas.
Florence
Ma fille avait 5 ans, je crois, et on était dans une librairie. Elle parcourait des… À l’époque, il y avait pas mal de livres sur des portraits de femmes un peu badass, avec une page par femme. Et justement, il y avait pirate Anne Bonny.
Sara
D’accord.
Florence
Et moi, je cherchais d’autres livres. Elle était restée bloquée devant la page dans son coin. Et du coup j’étais allée la voir en disant, ah bah qu’est-ce que tu fais ma petite puce, tout ça.
Et elle m’a dit, bah regarde, c’est une pirate femme. Et…
Sara
Une piratesse ? (rires)
Florence
Bah c’est pas ce qu’elle a dit. Elle a dit une pirate. Et je dis, bah oui. Et elle me dit : “Mais c’est bien. Ça veut dire que son mari lui a donné l’autorisation”.
Sara
ELLE T’A DIT CA ?
Florence
Oui. C’était avant que je sois plus ouvertement féministe, mais ça a fait partie des déclencheurs.
Sara
Raison de plus pour donner une seconde chance à ce premier épisode. Il y avait une autre fiction dont je voulais parler et j’ai oublié, ça m’est totalement sorti de la tête donc on verra si ça me revient ou non.
Quoi d’autre ? Oui, Des hommes violents. Ça c’est un podcast aussi un peu lourd. Vraiment, décidément on alterne. Que j’ai écouté en 2020. Je pense qu’on était confinés encore. Donc un podcast de Mathieu Palain.
C’est dans la collection des Pieds sur Terre. Assez cool aussi, j’aime bien ce podcast. Donc c’est 6 épisodes de 30 minutes et donc c’est Mathieu Palain, journaliste, qui va à la rencontre d’un groupe de parole d’hommes condamnés pour violences conjugales et qui sont donc obligés, par décision de justice, de suivre ce groupe de parole pendant 6 mois. Ce qui est assez dingue, c’est que manifestement, si ces personnes ont été condamnées, c’est bien parce qu’il y a suffisamment de preuves matérielles, etc. Et pour autant, les mecs sont tellement dans le déni, ils savent pourquoi ils sont là, tous. Mais il y en a plein qui réfutent encore leurs culpabilités. On a leurs témoignages, on a des enregistrements de groupes de parole, ou d’entretiens one-to-one avec ces accusés et ces condamnés.
On a aussi une partie de parole de victimes. Donc un podcast documentaire assez lourd quoi, c’est pas joyeux du tout. Et pour autant je le trouve hyper important, je pense que ça peut être bien aussi pour tout le monde en fait, pour des personnes qui sont à mille lieues de comprendre ce que c’est que les violences conjugales, pour des hommes, pour des femmes, pour des personnes si elles sont ok, avec les trigger warning qu’il faut évidemment, mais pour des personnes qui ont peut-être vécu ces choses là en tant qu’auteurs ou victimes. Voilà, je pense que des hommes violents sur France Culture, je crois, ou en tout cas c’est Radio France, de Mathieu Palain, c’est assez bien. Et je crois que aussi Charlotte Bienaimé a fait un épisode, alors pour le coup c’est pas toute une série, mais c’était un épisode sur les hommes violents aussi, et elle en a fait un sur les femmes violentes, un peu en miroir, et de mémoire c’était assez intéressant aussi.
Florence
C’est pas le même type d’ailleurs de violences. On avait pas du tout l’impression que c’était le yin et le yang.
Sara
Oui, non, c’est pas, c’est pas, oui. Je dis en miroir, mais oui. C’est important de l’expliciter. C’est pas symétrique en gros, mais ça se répond et c’est là où on voit que c’est pas du tout à mettre sur le même plan quoi.
Florence
Moi je ne l’avais pas écouté, je ne le connaissais pas, Des Hommes Violents, ce podcast. J’avais vu un documentaire, mais j’ai très envie de l’entendre.
Sara
Et j’ai retrouvé, pour finir peut-être sur une note un peu plus positive, j’ai retrouvé l’autre podcast de fiction dont je voulais parler, que j’avais beaucoup aimé. Ça s’appelle, c’est côté France Culture là encore, ça s’appelle Projet Orloff. Et en fait ça traite, c’est une héroïne, qui est espionne. Et ça se passe pendant la guerre froide. Il y a deux saisons et c’est assez cool. Voilà, je n’en dirai pas beaucoup plus parce que je ne veux pas spoiler pour le coup comme c’est vraiment un truc d’espionnage. Il y a tous les ingrédients qu’il faut.
J’ai l’impression de regarder un film d’espionnage en écoutant le podcast. Je le recommande et il est de qui ?
On va trouver ça. L’auteur ou l’autrice, je ne sais plus.
Florence
Je te laisse compléter plus tard quand tu auras retrouvé. On le rajoutera évidemment sur les références de toute façon. Il y a plein plein d’autres podcasts qui sont géniaux. Et ce qui est bien avec les podcasts, c’est qu’on peut le faire, qu’on peut écouter dans le métro, en étant dans son linge, en faisant la vaisselle. Il y a Les Pieds sur Terre, du coup, de France Inter, qui est aussi très généraliste, mais qui donne le micro à des personnes qui vivent des choses plutôt qu’à avoir un regard extérieur, qui est très court aussi, donc ça s’écoute bien.
Sara
C’est mon petit podcast détente souvent, même s’il y a parfois des sujets quand même graves.
Florence
C’est vrai qu’on ne va pas dans la profondeur.
Sara
C’est un témoignage, il n’y a pas l’analyse derrière, c’est brut en fait, c’est vraiment brut. Et après chacun, chacune se fait son avis, même s’il y a une petite intro de Sonia Kronlund au début, qui peut être un peu plus sociologique. C’est vraiment le témoignage des personnes. C’est intéressant. Et je ne suis pas raciste, mais… Super initiative, Je ne suis pas raciste mais, qui traite du podcast n’importe quoi, du raciste dit ordinaire. Et c’est très très enrichissant et à mettre entre les oreilles de beaucoup de monde.
Florence
Le créateur c’est Nicolas quelque chose ?
Sara
Ah non, non, Donia Ismail. Pardon, j’ai oublié son nom, j’étais pas sûre.
Florence
Ah bah attends, mais je ne le connais pas en fait.
Sara
Donia Ismail, elle est très bien, elle invite des spécialistes ou des personnes concernées. Il y a des sujets très très intéressants, moi j’aime beaucoup. Ça peut être sur la mode par exemple. Ça peut être sur l’humour et le stand-up, sur la charge raciale… Ah oui, celui-là, il a coûté absolument pourquoi dit-on que le racisme anti-blanc n’existe pas ? Par exemple, sur le prétendu communautarisme… Voilà. Le Rassemblement National est-il un parti raciste ?
Spoiler, oui !
Florence
Tu te rends compte qu’on te pose la question, maintenant ?
Sara
Bon, en tout cas, on a vite répondu dans l’épisode à la question, mais on explique le pourquoi. Je pense que ça donne des arguments pour des discussions avec nos oncles gênants à Noël. Voilà. Ah oui, voleurs violents d’où viennent les stéréotypes racistes sur les Algériens de France, par exemple. Voilà. Ah, j’avais adoré l’épisode sur Ayana Kamoura aussi.
Florence
D’accord.
Sara
Très cool.
Florence
Dans la même veine, on n’a pas parlé de Kiffe Ta Race qui est aussi une référence de Grace Ly et Rokhaya Diallo. Il y a énormément d’épisodes, ils sont tous très très bien.
Sara
Il y a une ambiance qui est particulière chez deux hosts. Parce qu’on parle de trucs très graves, horribles et violents. Mais il y a toujours une bonne humeur, une chaleur qui se dégage de leurs conversations. On a l’impression que c’est vraiment deux meilleurs potes qu’elles nous invitent dans leur salon. J’aime beaucoup ce qu’elles dégagent.
Bon, c’est déjà pas mal, non ? On en a donné combien ?
Florence
C’est pas mal, je pense.
Sara
Une petite vingtaine, ouais. Ça donne des heures d’écoute. Il n’y a pas de quoi ne pas s’ennuyer en route ou en faisant les tâches ménagères, comme tu disais. Ou en balade, moi aussi j’aime bien parfois en me baladant. Soit c’est sympa, t’es dans un cadre hyper chouette et t’entends les grillons et les oiseaux. Soit t’es dans la ville et t’as pas envie d’entendre les motos et les bus et les trams. Du coup, tu t’isoles dans ta bulle et j’aime bien aussi.
Florence
Oui, pareil. C’est vrai que j’essaie de moins écouter de podcast ces derniers temps pour plus profiter de l’environnement extérieur. Mais c’est sûr qu’en pleine ville, bon…
Sara
Oui, c’est pas la même chose.
Florence
Ça dépend des endroits.
Sara
Eh bien, cool. Je suis très contente. Merci, Florence, d’avoir accepté de faire cet épisode 100% podcast.
Florence
Merci à toi, Sara. On n’a rien lâché. Bravo à nous.
Sara
Et à la prochaine. On a une super invitée pour le prochain épisode. On n’en dira pas plus 😉
_
Florence : On espère que cet épisode vous a plu. Si c’est le cas, n’hésitez pas à le partager à vos proches, ou à nous noter 5 étoiles pour contribuer à sa diffusion.
Sara : La Place des Grenouilles est une association à but non lucratif qui compte sur vos dons. Vous pouvez aussi adhérer à l’asso à partir de zéro euro !
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Florence : lapdg.fr
[fin de la musique de générique d’intro]


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